Campagne 2026-2027 : La prime agricole de 10 F conditionnée à la qualité et la commercialisation
Pour la campagne 2026-2027, la prime de 10 F CFA/kg annoncée pour le coton, le soja, le riz et l’anacarde sera liée aux volumes produits, à la qualité et à la commercialisation des récoltes.
La prime annoncée par le gouvernement pour les producteurs de coton, de soja, de riz et d’anacarde ne sera pas versée indistinctement. Pour la campagne agricole 2026-2027, plusieurs conditions devront être réunies avant que les producteurs puissent bénéficier des 10 F CFA par kilogramme prévus par le dispositif.
La Chambre nationale d’agriculture du Bénin a organisé, les 26 et 27 août, des rencontres avec les organisations faîtières des quatre filières à Dassa-Zoumè et Parakou. Ces échanges ont notamment permis de préciser les modalités liées à la production, à la qualité des récoltes et à leur commercialisation.
Le principe de la prime avait été arrêté en juin par le gouvernement. Pour le coton, le versement de 10 F CFA/kg est lié à une production nationale supérieure à 700 000 tonnes. Pour le soja, le riz et l’anacarde, la prime est associée à la livraison des produits aux unités locales de transformation, une fois certaines capacités d’absorption atteintes.
Produire ne suffit donc pas
Les producteurs devront d'abord respecter les règles liées à la conduite de leurs exploitations. Cela passe notamment par le respect des calendriers culturaux, l'application des bonnes pratiques agricoles ainsi que la déclaration des superficies exploitées et des prévisions de récolte. La conservation des documents permettant de justifier la production constitue également un élément important du dispositif. Ces pièces doivent permettre de retracer l'activité du producteur et de disposer de preuves concernant les volumes effectivement produits et commercialisés.
La qualité des récoltes entre également en ligne de compte. Les produits devront notamment être récoltés au stade approprié, correctement séchés et stockés dans des conditions adaptées. Le tri devra permettre de limiter les impuretés, tandis que les exigences relatives au taux d'humidité propres à chaque filière devront être respectées.
Les règles concernant l'utilisation des produits phytosanitaires font aussi partie des exigences. Les producteurs devront notamment respecter les délais prescrits entre l'application de certains produits et la récolte. Le dispositif lie ainsi la prime non seulement à la quantité produite, mais également à la conformité du produit livré.
La commercialisation devient un autre critère
La manière dont les récoltes sont commercialisées constitue une autre condition importante. Les producteurs sont invités à privilégier les circuits formels et à respecter leurs engagements vis-à-vis des acheteurs. Ils devront également conserver les justificatifs liés aux opérations de commercialisation, notamment les preuves de livraison et de paiement. Ces documents doivent permettre d'établir la réalité des volumes livrés et leur destination.
Les conditions ne sont toutefois pas identiques pour les quatre filières. Pour le coton, le seuil de déclenchement de la prime est fixé à plus de 700 000 tonnes de production nationale. Ce niveau représente un objectif particulièrement élevé puisque la production de la campagne 2025-2026 était de 533 590 tonnes, selon les données rapportées dans le cadre du nouveau dispositif.
Pour le soja, le riz et l'anacarde, le mécanisme repose sur les capacités de transformation installées localement. Pour la campagne 2026-2027, les seuils sont respectivement fixés à 450 000 tonnes pour le soja, 350 000 tonnes pour le riz et 200 000 tonnes pour l'anacarde. La prime concerne les produits livrés aux unités locales lorsque ces conditions sont satisfaites.
Un dispositif lié à la transformation locale
À travers ces conditions, le mécanisme dépasse la seule question du revenu des producteurs. Le gouvernement veut également favoriser l'approvisionnement régulier des unités de transformation installées au Bénin.
L'objectif affiché lors de l'adoption de la mesure est de mieux récompenser l'effort productif, d'améliorer les revenus agricoles et de sécuriser l'approvisionnement des industries locales en matières premières. Le dispositif doit donc rapprocher davantage la production agricole des besoins de l'agro-industrie béninoise.
Pour les producteurs, cette orientation implique une évolution des pratiques. La quantité produite reste déterminante, mais elle doit désormais être accompagnée d'une attention particulière portée à la qualité, à la traçabilité et à la formalisation des opérations de vente.
Les rencontres organisées à Dassa-Zoumè et Parakou par la Chambre nationale d'agriculture ont précisément permis de rappeler ces différents paramètres aux organisations des filières. La campagne 2026-2027 devra donc permettre de vérifier, sur le terrain, la capacité des producteurs et des acteurs des chaînes de valeur à répondre à ces exigences.
La prime de 10 F CFA/kg apparaît ainsi comme un mécanisme incitatif lié à plusieurs objectifs : produire davantage, améliorer la qualité des récoltes et orienter une part plus importante des productions vers les circuits formels et les unités de transformation locales. Pour les quatre filières concernées, le versement de cette prime dépendra donc du respect effectif de ces conditions.